Faut-il rechercher le bonheur ?
Dissertation : Faut-il rechercher le bonheur ?. Recherche parmi 302 000+ dissertationsPar Abigail_cls • 28 Mars 2025 • Dissertation • 1 656 Mots (7 Pages) • 4 Vues
LE BONHEUR
Faut-il rechercher le bonheur ?
I. La recherche du bonheur est inscrite dans la nature de l’homme
La recherche du bonheur est inhérente à la nature humaine. Cela suppose que l'homme, par sa nature même, cherche à atteindre un état d'accomplissement et de satisfaction.
A. Le bonheur comme fin suprême de notre vie – Aristote
Aristote, dans son Éthique à Nicomaque, considère le bonheur comme l’objectif ultime de la vie humaine. Il ne voit pas le bonheur comme un simple plaisir ou un sentiment passager, mais comme l'épanouissement complet de l'homme, en harmonie avec sa nature. « Eudaimonia » vient du grec et signifie « béatitude », c’est la fin ultime de l’existence humaine. Cependant, Aristote distingue clairement le bonheur de la simple recherche du plaisir.
Aristote souligne que le bonheur ne peut se réduire à un simple plaisir. Le plaisir est un bien nécessaire et agréable, mais il est éphémère et ne conduit pas à l’épanouissement de l’individu. En revanche, le bonheur est lié à la vie vertueuse, c’est-à-dire à l’actualisation des facultés humaines, comme la raison. C’est un état de réalisation de soi qui se construit à travers l’exercice des vertus, telles que le courage, la sagesse, la tempérance et la justice.
Par exemple, une personne qui cultive sa sagesse, qui est juste dans ses actions et qui agit selon la raison est véritablement heureuse, même si elle n’éprouve pas de plaisir immédiat. Le plaisir, dans cette vision aristotélicienne, est un "effet secondaire" du bonheur, une conséquence de la vie vertueuse, et non la finalité.
B. Le bonheur par la satisfaction des désirs naturels – L’épicurisme
L’épicurisme, fondé par Épicure, repose sur l’idée que le bonheur consiste en l'atteinte de l'ataraxie, une paix intérieure, et l'aponie, l'absence de douleur physique. Selon cette philosophie, le bonheur se trouve dans la satisfaction des désirs naturels et nécessaires. Ces désirs sont ceux qui, selon Épicure, sont en accord avec la nature et qui, une fois satisfaits, apportent une tranquillité durable.
Épicure distingue différents types de désirs. Les désirs naturels sont ceux qui découlent de notre nature humaine, comme le désir de manger ou de boire, et sont nécessaires pour notre bien-être. Ces désirs, lorsqu'ils sont satisfaits dans une mesure raisonnable, conduisent à l'ataraxie. Les désirs inutiles, comme la recherche de la richesse ou du pouvoir, ne peuvent apporter que de l’agitation et de la frustration. Pour Épicure, la sagesse consiste donc à réduire ses désirs au minimum et à éviter ceux qui sont artificiels et source de tourments.
Par exemple, se nourrir simplement et passer du temps avec des amis proches suffit pour atteindre un état de bonheur durable, selon cette conception. Ce bonheur est donc modeste et se fonde sur l'équilibre, loin des excès.
C. Le bonheur par l’acceptation de la nécessité – Le stoïcisme
Le stoïcisme, avec des figures comme Sénèque, Épictète et Marc Aurèle, offre une vision du bonheur fondée sur l’acceptation de ce qui échappe à notre contrôle. Les stoïciens soutiennent que le véritable bonheur réside dans notre capacité à faire face à la vie avec sérénité, quelle que soit la situation extérieure. Ce bonheur n'est pas lié à la possession de biens ou à des plaisirs sensoriels, mais à la maîtrise de soi.
Pour les stoïciens, la vie est régie par des lois naturelles et divines qui échappent à notre volonté. Le bonheur ne se trouve pas dans la recherche de ce qui est hors de notre contrôle (comme la fortune, la santé ou les événements extérieurs), mais dans la gestion de nos réactions et dans notre capacité à accepter la réalité telle qu'elle est. L’homme sage, selon cette philosophie, est celui qui se détache des biens extérieurs et qui recherche la tranquillité d’esprit en acceptant tout ce qui lui arrive.
Par exemple, Epictète enseignait que "ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les événements en eux-mêmes, mais leurs jugements sur ces événements". Ainsi, une personne stoïque accepte la perte d’un proche ou une difficulté sans se laisser submerger par la souffrance, car elle sait que ce qui dépend d'elle, c'est uniquement son attitude face à ces événements.
II. Le devoir de rechercher le bonheur est contradictoire
La recherche du bonheur est une quête qui peut être illusoire voire contraire à la moralité.
A. Le bonheur est un « idéal de l’imagination », il est vain de vouloir le posséder – Kant
Emmanuel Kant, dans sa Critique de la raison pratique, critique l'idée de rechercher le bonheur comme un objectif moral. Selon lui, le bonheur est un "idéal de l’imagination", une notion trop floue et trop personnelle pour servir de guide moral. En d’autres termes, il est illusoire de vouloir l’atteindre de manière systématique, car il est toujours soumis à des événements imprévisibles, à des circonstances extérieures qui échappent à notre contrôle.
Kant soutient que la recherche du bonheur ne doit pas être le fondement de la moralité. Il définit la moralité en termes de devoir et de respect des lois morales universelles, qui s’imposent à nous indépendamment de notre recherche
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