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Lecture linéaire Roman d'Arthur Rimbaud

Commentaire d'oeuvre : Lecture linéaire Roman d'Arthur Rimbaud. Recherche parmi 302 000+ dissertations

Par   •  21 Février 2025  •  Commentaire d'oeuvre  •  809 Mots (4 Pages)  •  54 Vues

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Roman

Introduction :

Figurant dans le Cahier de Douai, Roman est un poème en alexandrins, à rimes croisées, découpé en quatre parties de deux quatrains chacune. Ce découpage structuré, associé au récit des premiers émois amoureux d’un adolescent, fait écho au titre du poème : Roman. Rimbaud joue avec le lyrisme en le renouvelant par une tonalité mêlant ironie et réalisme, s’éloignant ainsi des codes traditionnels.

Développement

I. L’insouciance adolescente (v. 1 à 8)

Le poème s’ouvre sur une phrase qui sonne comme une maxime universelle : « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. » L’usage du pronom « on » et du présent de vérité générale suggère une expérience collective, dans laquelle le lecteur peut se reconnaître. Ce choix marque aussi la volonté de Rimbaud de prendre du recul sur son propre vécu et de s’éloigner du je lyrique traditionnel.

Le cadre spatio-temporel est propice à l’éveil amoureux : une promenade « sous les tilleuls », un « beau soir de juin », en retrait des « cafés tapageurs ». La nature stimule les sens du poète : la vue (« tilleuls verts »), l’odorat (« tilleuls sentent bon »), l’ouïe (« vent chargé de bruits »), puis le goût (« parfums de bière »). Cette exaltation sensorielle est renforcée par la ponctuation expressive et les répétitions (« bons », « parfums »), ainsi que par des effets de musicalité (allitérations en v, f, parallélisme du vers 8).

II. Les premiers émois amoureux (v. 9 à 16)

La rêverie sentimentale naît à la vue d’un « tout petit chiffon / D’azur sombre », évoquant peut-être la robe de la jeune fille. L’évocation du ciel nocturne et du mot « azur » rappelle le vocabulaire lyrique traditionnel, mais cette poésie du sublime est immédiatement détournée par des adjectifs négatifs (« sombre », « mauvaise », « petit » répété trois fois), dépréciant la beauté de la nuit et introduisant une ironie latente.

L’enthousiasme amoureux se traduit par des phrases exclamatives (« Nuit de juin ! Dix-sept ans ! ») et une irrégularité du rythme brisant l’alexandrin, mimant l’ivresse du poète. Ce champ lexical de l’ivresse (« griser », « champagne », « monte à la tête », « divague ») marque l’exaltation du sentiment amoureux, comparé à une boisson pétillante, remplaçant la bière populaire du début. Les points de suspension témoignent quant à eux de l’émotion débordante du poète, qui en perd ses mots.

III. La rencontre amoureuse (v. 17 à 24)

L’ivresse amoureuse du jeune homme (« le cœur fou ») est nourrie par la lecture de « romans », qui alimente son désir d’aventure et d’idéalisation. Le néologisme « Robinsonne », évoquant Robinson Crusoé, suggère une quête amoureuse romanesque.

La scène de rencontre est mise en scène avec un jeu d’ombre et de lumière (« dans la clarté d’un pâle réverbère […] sous l’ombre »), un échange de regards, et la présence du père, renforçant le caractère romanesque du passage. Le portrait de la jeune fille est mélioratif (« ses airs charmants », « alerte »), mais déjà teinté d’ironie : elle le trouve « immensément naïf », ce qui introduit une condescendance affectueuse, annonçant peut-être la chute du récit.

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