LaDissertation.com - Dissertations, fiches de lectures, exemples du BAC
Recherche

Le Rouge et le noir de Stendhal

Commentaire de texte : Le Rouge et le noir de Stendhal. Recherche parmi 302 000+ dissertations

Par   •  27 Mars 2025  •  Commentaire de texte  •  1 782 Mots (8 Pages)  •  22 Vues

Page 1 sur 8

Le Rouge et le noir constitue, avec La Chartreuse de Parme, l’un des 2 romans les plus célèbres de Stendhal, Henri Beyles, célèbre romancier réaliste de la première moitié du 19e siècle. Ils mettent en scène le personnage de Julien Sorel, fils de charpentier, dont l’intelligence et l’ambition le poussent à sortir de sa condition. Véritable autodidacte par ses lectures, ce personnage romantique commence sa carrière en se faisant embaucher à l’âge de 19 ans comme précepteur pour ses deux enfants, par le plus grand notable de sa ville de Verrières, le maire, monsieur de Rênal. Dans le chapitre X de la Première Partie, il vient de remporter une grande victoire sur le maire en réussissant à dissimuler un portrait de Napoléon Premier qu’il gardait dans sa chambre, grâce à la femme qu’il est en train de séduire et et est même parvenu à obtenir une augmentation après un chantage à la démission. Dans cet extrait, le protagoniste s’enfuit dans la forêt et monte sur un promontoire afin de méditer à la suite de sa carrière. Comment le récit de ses pensées montre-t-il l’ambition du personnage romantique qui cherche à prendre une revanche sur sa classe sociale en se comparant à Napoléon ?

On peut distinguer dans ce texte un mouvement systématique de contemplation de la nature et de retour à soi-même et à sa méditation. Il y a d’abord dans les 4 premières lignes qui constituent la fuite vers la forêt puis de la ligne 5 à la ligne 12, une première célébration de sa victoire. Puis de la ligne 12 à la ligne 20 une description de son ascension vers un promontoire rocheux. Puis à nouveau une réflexion sur sa position sociale jusqu’à la ligne 24 et enfin une nouvelle méditation sur l’oiseau au-dessus de la tête pour terminer sur la question finale : pourrait-il avoir un destin à la mesure de Napoléon ?

Le début du texte poursuit le récit au passé simple des actions de Julien qui quitte la maison de monsieur de Rênal pour s’aventurer dans les grands bois, avec les verbes d’action « s’échappa rapidement et monta » (l.). Le cadre réaliste est assuré par les précisions spatiales au présent de vérité générale « par lesquels on peut aller de Vergy à Verrières ». Monsieur Chélan dont il est question dans la phrase suivante est le curé et également le directeur de conscience de Julien qui l’a présenté à monsieur de Rênal. C’est également lui qui l’a instruit dans sa jeunesse. C’est pourquoi le narrateur omniscient épouse le point de vue interne du personnage en précisant qu’il a une certaine répugnance à mentir à ce dernier ce qu’il va devoir faire avec la litote « Loin de désirer s’astreindre à une nouvelle scène d’hypocrisie », puisqu’il vient d’en vivre une en montant à son patron.

On retrouve alors le champ lexical du récit de pensée qui est un stéréotype du romantisme avec l’expression y voir clair dans son âme dont la métonymie religieuse être traditionnel. La métaphore « donner audience à la foule des sentiments qu’elle agitait » marque également le registre particulièrement raffiné et poétique du romantisme.

Le récit utilise le style indirect libre pour nous faire part ensuite de manière plus dynamique des pensées du personnage en utilisant les expressions mêmes de son flux de conscience : la métaphore épique est employée à 2 reprises pour caractériser l’ascendant que Julien a pris sur monsieur de Rênal. Le narrateur omniscient commente ensuite le plaisir que ressent le personnage à utiliser le mot bataille. L’expression « peindre en beau toute sa position » appartient au champ lexical artistique : elle semble placée devant ses yeux un tableau comme celui du portrait de Napoléon Premier qui était l’objet de sa querelle avec son patron, à qui il a fait croire que c’était celui d’une femme, rendant Madame de Rênal folle de jalousie.

Il fait ses comptes puisque désormais son salaire est de 50 francs d’appointements par mois. Le style indirect libre permet encore une fois de dynamiser la réflexion avec un écho anaphorique entre « Me voilà » et « Mais de quoi ».

Le mot « peur » est réitéré dans la mesure où Julien considère qu’il a réussi à prendre l’ascendant sur le bourgeois, que désigne par la périphrase « l’amoureux est puissant », puisqu’il a à la fois la richesse et l’amour de sa femme. Le narrateur omniscient met l’accent sur le caractère impulsif de Julien qui « une heure auparavant était bouillant de colère », montrant ainsi sa désapprobation voire une certaine ironie.

On quitte alors le récit de pensée pour entrer dans une description du paysage à travers les yeux du personnage avec le paradigme verbal « il fut presque sensible ». « La ravissante beauté des bois » est quasiment en écho par paronomase avec « rasséréner l’âme ». Les détails choisis par le narrateur sont d’une certaine importance dans la mesure où ils vont devenir symboliques de l’état d’esprit de Julien. Il y a d’abord une notion de gigantisme avec « les énormes quartiers de roche ». Cependant ils sont « tombés jadis » ce qui marque d’abord la chute avant la notion d’élévation dont il va être question. En effet, ce qui est caractérise le paysage, c’est ensuite la grandeur et l’élévation. Chaque élément du décor est, suivant la technique habituelle de dynamisation de la description, sujet des verbes, comme « de grands hêtres s’élevaient ». Le narrateur insiste sur les sensations permises par ces grands rochers abattus qui protège Julien du soleil avec l’expression « une fraîcheur délicieuse ». La phrase suivante renchérit sur la protection que constitue « l’ombre de ces grandes roches », dans lesquelles on peut voir un symbole des gloires napoléoniennes passées. On suit alors l’ascension difficile de Julien par « un étroit sentier à peine marqué qui sert seulement aux gardiens des chèvres », dans lequel on peut reconnaître à nouveau un symbole de la condition paysanne de départ du jeune homme. Le narrateur nous le décrit alors dans une posture tout à fait particulière « debout sur un roc immense et bien sûr d’être séparé de tous les hommes ». On retrouve l’image traditionnelle du héros romantique en haut du rocher comme dans le tableau « le voyageur contemplant une mer de nuages » de Caspar David Friedrich. L’attelage entre la posture physique et la posture morale qui le place au-dessus et à l’écart du reste de l’humanité est tout à fait signifiant. L’allitération « bien sûr d’être séparé » met l’accent avec des sifflantes sur sa certitude d’avoir un destin à part. Le personnage lui-même analyse symboliquement sa position physique, en utilisant à nouveau le champ lexical de la peinture avec le verbe métaphorique peigner qui vient du verbe peindre. Le verbe métaphorique « brûlait » il est intéressant dans la mesure où il fait écho au champ lexical des sentiments du personnage qui se caractérise par la passion.

...

Télécharger au format  txt (10.9 Kb)   pdf (78.5 Kb)   docx (12 Kb)  
Voir 7 pages de plus »
Uniquement disponible sur LaDissertation.com