Honoré de Balzac, Illusions perdues, 2ème partie, 1836-1843
Fiche : Honoré de Balzac, Illusions perdues, 2ème partie, 1836-1843. Recherche parmi 300 000+ dissertationsPar Poltrom • 14 Juin 2022 • Fiche • 1 512 Mots (7 Pages) • 1 035 Vues
SQ2EL4 - [Désillusion réciproque] Honoré de Balzac, Illusions perdues, 2ème partie, 1836-1843
FICHE D’IDENTITE
Auteur : Honoré de Balzac
Œuvre : Illusions Perdues
Publication : 1836-1843
Courant littéraire : Réalisme
Genre et forme : Roman d’apprentissage
Contexte : Illustre écart creusé au XIXe siècle entre province et capitale en France
Extrait : « Désillusion réciproque », 2ème partie
Thèmes : Mœurs de la province et de Paris, Evolution du regard, Personnage comme reflet de la société de son temps, Influence de la société environnante sur les jugements des personnages
INTRODUCTION
CONTEXTE Dans une France en développement au XIXème siècle, se creuse l’écart entre capitale et Province. A l'ennui et l'archaïsme s'opposent la modernité et l’élégance de Paris.
INFLUENCE Les romans d'apprentissage alors écrits esquissent généralement les tentatives de succès d’un jeune homme de province dans la capitale.
LIEN ŒUVRE Tel est le cas de Lucien de Rubempré, héros des Illusions Perdues, publié entre 1836 et 1843.
HISTOIRE ŒUVRE Est alors esquissé l’itinéraire de ce jeune et beau poète angoumoisin en quête de gloire littéraire.
EXTRAIT Dans le présent extrait, situé dans la deuxième partie, les deux amants Lucien et Mme de Bargeton font leur première sortie au théâtre.
PROBLEMATIQUES
Comment cette sortie parisienne entre amants venus de province débouche sur une désillusion réciproque ?
Comment cette scène, portée par un double regard symétrique, et subtilement orchestrée par le narrateur, met-elle en évidence la nature des relations sociales dans la haute société parisienne?
STRUCTURE DU PASSAGE
L. 1-11 : Comparaison de Mme de Bargeton aux Parisiennes par Lucien
L. 11-15 : Intervention du narrateur avec recul et ironie
L. 15-21 : Comparaison de Lucien aux Parisiens par Mme de Bargeton
AXES DE COMMENTAIRE
I) Le théâtre parisien ou la découverte d’une nouveau monde pour Lucien
a) Un moment unique vécu par Lucien (thème du regard et point de vue interne à Lucien)
b) Un mélange de sentiments entre plaisir et malaise
c) Un éblouissement (éloge des Parisiennes, un Lucien subjugué)
→ Une révélation face à la découverte d’un univers inconnu jusqu’alors
II) Le regard comme révélateur d’une désillusion réciproque des amants
a) Comparaison de Mme de Bargeton aux Parisiennes par Lucien
b) Comparaison de Lucien aux Parisiens par Mme de Bargeton
→ Même prise de conscience de la médiocrité de l’autre
III) Une dimension ironique
a) Constat similaire fait par chaque amant, à l’insu de l’autre
b) Le point de vue ironique du narrateur sur l’opposition Paris-Province
→ Un narrateur à distance qui observe deux mondes étrangers l’un à l’autre
ANALYSE LINEAIRE
1er mouvement : Comparaison de Mme de Bargeton aux Parisiennes par Lucien
Le plaisir qu'éprouvait Lucien, en voyant pour la première fois le spectacle à Paris, compensa le déplaisir que lui causaient ses confusions | - Allusion à la vue « voyant »« spectacle » qui se trouvent entre les deux - Noms communs antithétiques « plaisir » « déplaisir » | - Désillusion passe par le regard qui compare le connu à l’inconnu - Le théâtre en devient un lieu où l'on se rend autant pour observer les spectateurs que pour assister à un spectacle. |
Cette soirée fut remarquable par la répudiation secrète d'une grande quantité de ses idées sur la vie de province. | GN ? COD or - On réfute des idées et on répudie des personnes ainsi - Personnification avec - Adj « secrète » | - Annonce la répudiation de Mme de Bargeton, incarnation des idées de province - Pensées intimes de Julien sont ici livrées il y a donc - Focalisation interne |
Le cercle s'élargissait, la société prenait d'autres proportions. | - Syllepse de sens de « cercle » à la fois - Connaissances et - Vision - Phrase complexe avec - 2 propositions juxtaposées construites en - Parallélisme et - Hyperbate servant ici la - Tautologie | sert à - Mimer ce que la phrase dit - Donne au lecteur le ressenti de Lucien bouleversé par un monde changeant |
Le voisinage de plusieurs jolies Parisiennes si élégamment, si fraîchement mises, lui fit remarquer la vieillerie de la toilette de Mme de Bargeton, quoiqu'elle fût passablement ambitieuse : ni les étoffes, ni les façons, ni les couleurs n'étaient de mode. | - Verbe "remarquer" Ce regard se fait examen puisque - Termes mélioratifs abondant « élégamment » « fraîchement mises » introduits par - Adv d’intensité « si » Tandis que - Triple négation « ni » d’autant plus que - Concession introduite par « quoique » | signale - Attention particulière portée par Lucien à l'observation des femmes qui l'environnent - Qualifie les Parisiennes de manière hyperbolique - Qualifient Mme de Bargeton par le manque - S’avère fausse car « passablement ambitieuse » est un oxymore - Ses efforts d’être à la mode sont vains - Ces éloges des Parisiennes contrastent avec le portrait dépréciatif de Mme de Bargenton, tissé parallèlement, la « vieillerie » s'opposant à la fraîcheur |
La coiffure qui le séduisait tant à Angoulême lui parut d'un goût affreux comparée aux délicates inventions par lesquelles se recommandait chaque femme. | Marqué par le recours au - Pluriel - "délicates inventions", autre GN mélioratif du côté de Mme de Bargeton, à l’évocation de la coiffure, le regard de Lucien se veut encore plus acéré que pour la toilette - Imparfait à valeur durative « séduisait » abruptement interrompue par - Passé simple "parut" | - Leur nombre important, ne les empêche pas de se démarquer, - Celles-ci sachant se singulariser par de - Titre du roman de Balzac, Illusions perdues, pourrait ainsi s'appliquer au jugement que Lucien porte sur son amante |
« Va-t-elle rester comme ça ? » se dit-il, sans savoir que la journée avait été employée à préparer une transformation. | - Discours directement rapporté mis en exergue par - Incise « ça » désigne Mme de Bargeton - Sans connotation affective par - Pronom « elle » et son apparence par - « ça » forme familière et péjorative de « cela » | confirme - Répudiation de Mme de Bargeton |
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